De Tambacounda à Labé

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Guinée - Labé
de virginie, le 03-04-2006

De Tambacounda à Labé

Je m'excuse tout d'abord de ne pas répondre personnellement aux personnes qui m'envoient des mails mais le temps m'est compté et il est difficile de trouver une connection internet ici.

A partir de Tambacounda, nous avons visité le parc de Niokolo Koba durant 3 jours avec Lionel et Diana. Une révélation pour moi, j'ai adoré ! Quelle excitation à chaque virage, verra-t-on une antilope ou un phacochère ? Scruter le paysage à la recherche d'un animal se désaltérant à une mare ou se blotissant entre les feuillages avec ses petits, observer les eaux de la rivière Gambie afin d'apercevoir les gros yeux globuleux des hippopotames jaillir de l'eau ...
Nous avons quitté Diana pour poursuivre notre route sur Kédougou où nous avons sejourné dans une mission catholique et rencontré 2 pères et un frère polonais charmants. L'adresse nous a été donnée par l'instituteur de Tenkoto, Jean-Michel, formé par cette mission. Le passage dans ce village fut d'ailleurs mémorable : nous avons assisté à un concert pular près de la case du chef du village et nous avons dansé avec les habitants du village. Notre tente était bien placée, au pied du manguier abritant le tam-tam de ce village bédick et malincké, annonciateur des grandes nouvelles. Dans ce village, certains habitants ne se comprennent pas car ils ne parlent pas la même langue ... Notre instituteur s'est d'ailleurs mis au Malincké afin de comprendre certains de ses jeunes élèves. Depuis la fin du parc Niokolo Koba, les villages et le paysage ont changé : les collines sont apparues et les cases rondes bien rangées dans un enclos de paille sont présentes partout. La population est ici bédick (majoritairement catholique), malincké (plutôt musulmans), peul ou bassari selon les villages.
Après une pause à Kédougou, nous sommes partis avec Marek, un des pères polonais, en pick up vers Bandafassi, à 18 km de là. Nous avons assisté à la messe, dans une grande case ouverte sur l'extérieur située en haut du village, puis nous avons pris congé de tout ce petit monde curieux de notre équipée insolite. Benoît, un jeune Bassari, nous a accompagnés jusqu'à l'embranchement de la piste menant à Dindefello, situé peu avant son village Ibel. Nous avons alors pris une piste qui s'est ensuite transformée en chemin. Beaucoup de passage ce dimanche car c'était jour de marche hebdomadaire à Dindefello qui ravitaille une dizaine de villages situés dans les collines alentour. A Dindefello, nous sommes restés une journée pour nous promener dans un paysage magnifique : le village est situé au pied d'une montagne, la végétation est dense et la pente abrute. Cette montagne abrite une source et une cascade la prolongeant ... baignade fort agréable! Dans tous les villages, on voit les gens s'affairer à la rénovation des toits des cases car l'hivernage approche et à la récolte des mangues ... des camions entiers partent de Dindefello pour Dakar!
Le lendemain, nous sommes partis en direction de la Guinée en prenant le chemin de la montagne qui fait gagner une quarantaine de kilomètres. Nous avons pris 2 porteurs pour gravir la montagne avec nos vélos et nos bagages, puis nous avons pris les chemins de traverse du plateau pour atteindre Lougé, le poste frontière guinéen. Là, petit problème, on ne nous délivre pas de visa comme promis par l'ambassade mais nous obtenons quand même, moyennant finance, notre tampon d'entrée. S'ensuit alors 4 jours de galère merveilleuse. je m'explique : la piste menant à Mali ville est impraticable aux voitures car complètement défoncée et ravinée par les camions qui sont en fait les seuls à emprunter cette route et encore quelques fois seulement par semaine. Nous sommes donc passés par des villages coupés du monde : pas d'électricité (même pas un groupe électrogène ou un panneau solaire), de l'eau au forage uniquement (et encore tous les villages ne sont pas équipés) et pas de téléphone (une radio par village en cas d'urgence seulement). Nous avons toujours été superbement acceuillis et avons séjourné chez les sous-préfets ou dans des chambres qu'on a mis gracieusement à notre disposition en nous offrant toujours un repas et un seau pour nous laver! Un instituteur, Mamadou, nous a même aidés pendant une partie du trajet pour hisser nos vélos au sommet des côtes. Nous avons donc passé les 4 jours les plus difficiles physiquement depuis notre départ mais également les plus sensationnels au niveau des rencontres. Je n'ai jamais autant sué de ma vie et autant senti la tension de mes muscles sous l'effort !!!
Arrivés à Mali ville nous avons pris un taxi brousse pour Labé où nous séjournons actuellement. Le taxi est tombé en panne mais notre chauffeur a quand même réussi à réparer sa bobine d'allumage avec un morceau de pneu ...

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