Depuis Sidi kacem, nous avons fait beaucoup de rencontres et nous avons également gravi des côtes qui sont de plus en plus longues.
Nous n'avons pas roulé une heure en sortant de sidi kacem, que 2 jeunes nous accostent sur la route. ils roulent un peu avec nous et finalement lionel met pied à terre: il nous invite à boire le thé chez eux. Nous découvrons la ferme de cette famille de 4 enfants. Mahir et sa soeur Manar sont jumeaux , mohammed suit et ils ont également une petite soeur. Il parait que la grand-mère de Mahir fait le meilleur thé du maroc... on ne va pas le contredire.
Il est apprenti gendarme de la gendarmerie royale. 2 ans de formation pour être au service de sa majesté le roi. Lui sera affecté aux renseignements généraux. Plusieurs thés et un solide repas plus tard (tagine d'agneau aux navets...délicieux!), nous repartons.
Nous sommes restés chez eux jusqu'à 15h, il va falloir maintenant pédaler dur pour atteindre Volubilis avant la nuit sachant que nous devons franchir le col de Zagota.
39 km plus tard, nous arrivons à la nuit tombée à Volubilis. Un type nous interpelle et nous demande si on cherche un endroit pour dormir. on lui explique que nous avons une tente que l'on peut planter dans son champ.
Qu'à cela ne tienne, nous dormirons chez lui au chaud. Haladir, car c'est son prénom nous amène à la batisse, un pressoir à huile! nous rencontrons son grand frère, Alami, le propriétaire du pressoir.
A l'interieur, les machines et un immense tas de déchets d'olivier ainsi que des barils d'huile toute fraiche. Nous prenons le thé et du pain trempé dans l'huile avec les ouvriers et nos hôtes puis nous rentrons nos vélos pour la nuit. Alami et Haladir nous conduisent au-dessus du pressoir car c'est là qu'ils habitent, dans une minuscule chambre qu'ils partagent également avec un autre ouvrier travaillant à la carrière toute proche. Le repas se compose d'oeufs, de chichis (sorte de pâte à pain frite ) et de fruits. Nous passons une soirée très agréable, lionel joue du saxo et nous apprenons de quelques mots d'arabe. La soirée est rythmée par le va et vient de leurs amis, ici impossible de rester seul!
Le lendemain après avoir visité Volubilis, nous repartons après de chaleureuses accolades, une bouteille d'huile d'olive (zit zitoun en arabe)et un sachet de biscuits préparés par leur mère dans les sacoches.
Nous visitons Moulay Idriss, la ville sainte du Maroc, car c'est ici que fut introduit l'islam au Maroc par Moulay Idriss chassé par les siens en arabie saoudite et descendant de Fatima, la fille de Mahomet.
Nous repartons à l'assaut des collines et c'est bougrement magnifique! Du haut on aperçoit les montagnes pelées de l'atlas qui prennent des tons ocres et orangés. De retour sur la route principale, après avoir pris les chemins de traverse par la montagne, il faut bien se rendre à l'évidence que nous n'atteindront pas Fes ce soir.
Nous sommes beaucoup plus loin que prévu, les km indiqués sur la certe sont erronés et nous n'arrivons pas à savoir exactement où nous sommes car les bornes kilométriques sont placées dans le désordre (vous voyez 40 km et ensuite 45km alors que vous avancez dans le bon sens).
Au bout de 39 km nous arrivons à Mikkès, un hameau. Nous demandons si l'ont peut monter la tente. pas de problème. on la monte et finalement on dort à l'intérieur ... de la maison car les propriétaires nous ont préparés du thé et invités à diner.
Nous faisons la connaissance de Abdelrahim et d'Aziza, sa petite soeur. Tandis que lionel et Abdelrahim discutent, aziza m'appelle car elle a sa soeur Latifa au telephone qui veut me parler. Latifa nous propose de venir chez elle à Fes le lendemain. Le rendez-vous est pris. Nous devons appeler Abdelrahim le lendemain dès que nous arrivons à Fes, à 40 km.
A 14h le lendemain nous le rejoignons et arpès avoir mis nos vélos dans le garage d'un de ses amis, il nous fait découvrir la ville nouvelle. Abdelrahim nous explique qu'il veut travailler en France, il doit d'ailleurs partir travailler en Espagne dans quelques mois. j'espère qu'il accomplira son rêve. Inchallah!
Nous passons 2 jours chez lui et sa famille qui habitent la médina (pas le quartier historique, la médina populaire qui est en dehors des remparts). Il nous fait visiter la médina , après moultes péripéties pour avoir une autorisation (car il n'est pas guide touristique donc il pourrait être sévèrement puni si la brigade touristique le voyait) et c'est là que nous apprenons l'une de nos phrases clef: Accada el Magreb! (c'est ça le maroc!). Fatalistes les marocains?
Nous decouvrons également l'art du zellige et visitons une fabrique.
Durant ces 2 jours passés avec eux je retiendrais les somptueux repas (j'ai bien du prendre 2 kilos)préparés avec amour par ses soeurs et sa mère et la phrase tant entendue de la bouche de Latifa ("la schoukrane, ela wejib", ne dis pas merci, c'est mon devoir"). Latifa est une fille super sympa, elle a une trentaine d'années et est très active. elle est responsable de la section des filles de Fes du parti socialiste et a créé une école maternelle et de cours du soir dans son immeuble. Elle envisage, avec sa soeur Aziza de créer une école primaire également.
Nous les avons quittés ce soir pour prendre un bus avec nos vélos jusqu'à Azrou, au coeur de l'Atlas. Ici , il fait beaucoup plus froid... |