de Niamey à Gaya

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Niger - Gaya
de virginie, le 24-06-2006

de Niamey à Gaya

Nous avons échoué après notre long voyage en bus au camping touristique, le premier camping que nous rencontrons en Afrique de l’ouest ! Nous étions les seuls clients donc nous avions de la place. Ce Camping abrite également un bar restaurant et un maquis où de nombreux nigériens viennent se désaltérer, se restaurer …et regarder la coupe du monde de foot. Un soir nous y avons rencontré Roger Sabatier, un franco-nigérien bien sympathique qui nous à vivre chez lui en famille. Il nous a conduit dans les îles Sinder, dans sa famille avec ses 2 fidèles compagnons. En effet, Roger, un ancien commandant de l’armée nigérienne, est toujours accompagné de Keita, ancien sergent-chef de Roger. Dans ses déplacements en dehors de Niamey, un colosse de 2 mètres, lui aussi anciennement sous ses ordres, l’accompagne également. Keita et lui se chamaillent sans arrêt sur qui sera le préféré de leur chef, en tout les cas, une solide amitié les unit tous les 3. Nos formalités effectuées, notre billet d’avion Accra-Addis Abeba en poche et quelques CFA dans le portefeuille (non sans effort…) nous sommes repartis vers le Nord en direction de Damana. Je tiens d’ailleurs à m’excuser publiquement auprès d’Abdou que nous n’avons pu rencontrer comme convenu le matin de notre départ de Niamey : nous avons passé cette matinée dans les couloirs des banques de la ville à la recherche de petits CFA et quand je l’ai appelé chez lui puis au cyber en début d’après-midi il n’était plus là. Bref Abdou, nous sommes passé à l’Ecogare pour prendre la route de Niamey donc juste à côté de chez toi…une autre fois peut-être…

Nous sommes partis en direction de Baleyara pour prendre une piste traversant le Dallol Bosso mais auparavant nous avons fait un crochet vers Damana, lieu de résidence du père d’Ibbou, un des fils adoptifs de Roger (c’est une histoire un peu compliquée à raconter donc passons). Le père d’Ibbou est le chef de canton de Tondikandia, dont le chef lieu est Damana. C’est un chef traditionnel et il a un statut de prince local d’ailleurs sa résidence s’appelle le palais et ses sujets s’agenouillent pour le saluer. Il a environ 70 ans, beaucoup de prestance…et 52 enfants de 18 femmes. Ibbou nous avait dit : « facile de reconnaître les Karanta, ils sont tous aussi beaux que moi », il n’avait pas tout à fait tort car en effet les Karanta sont tous très grands et bien bâtis et la ressemblance est frappante entre Ibbou et ses frères. Nous avons été accueillis comme des rois : logés chez Amadou aux petits soins avec nous et nourris copieusement par le chef qui nous envoyait du poulet, des pâtes , du tô … Il paraît qu’on leur a apporté la pluie : une violente tempête de poussière suivi d’un orage pliant les eucalyptus en deux leur a permis de commencer les semences dès le lendemain de notre arrivée. Amadou nous a conduit au marché de Baleyara surtout célèbre pour le commerce du bétail. Dromadaires, moutons, mais surtout les vaches des bororos et leurs cornes monumentales. Nous avons mis plus de 2 heures à rentrer après avoir changé 2 fois de taxi-brousse. Le premier était plus que plein et le toit du second menaçait de s’effondrer sur ma tête (200 kilos de farine de mil c’est trop pour un lit de branchage). Finalement je me suis retrouvée confortablement assise à l’avant du 3ème alors que Lionel et Amadou étaient compressés à l’arrière. J’ai ainsi pu observé les allées et venues au marché pendant le remplissage (qui a duré plus d’une heure). C’est un lieu de commerce certes mais également de rencontres. On se raconte les derniers potins, on boit de la bière ou une sucrerie, les femmes mettent de belles tenues chatoyantes, les jeunes filles se serrent en bande en riant leur bassine de beignets ou d’igname bien calé sur la tête, les hommes sont perchés sur des dromadaires tandis que d’autres ont les pieds qui traînent presque à terre assis sur leurs ânes.

Nous avons repris la route vers Baleyara pour nous enfoncer dans le Dallol Bosso, région très particulière où l’eau affleure la terre (à partir de 2m à certains endroits) et où l’on produit le natron, sorte de sel extrait du sol utilisé pour la cuisine et la nourriture du bétail. C’est dans cette région que survivent les dernières girafes d’Afrique de l’ouest en liberté mais malheureusement nous ne les avons pas vues. Les paysages du Dallol Bosso sont très variés : des falaises arides et rouges, des plaines sablonneuses peuplées d’acacias aux épines acérées (la remorque de Lionel a enregistré un taux record de crevaison), des étendues d’herbe où l’ombre des arbres est accueillante. Partout des villages, parfois quelques huttes en paille seulement, des greniers montés sur pilotis. Les greniers Djermas ont la particularité de se situer dans les champs et non dans les villages car le djerma ne craint pas le vol (un voleur est rejeté et considéré comme un moins que rien). Pour l’anecdote, nous avons été hébergé par l’un des gardes du corps du premier ministre du Niger à Sindiré alors qu’il prenait quelques jours de congé dans son village natal… Si la piste fut difficile à cause des cailloux de la latérite, de la tôle ondulée et du sable, je garde un excellent souvenir de cette région où les gens nous ont tous accueillis chaleureusement au son des Fow-fow (salut), Matarengo (Bonjour), Foundékaya (bonne arrivée). Après 3 jours de piste, nous sommes arrivés à Birni N’Gaouré où nous avons rencontré Dodo et Abderrahmane, 2 jeunes employés de la mairie. Comme ils trouvaient que les cases de passage n’étaient pas assez bien entretenues, ils nous ont invité chez eux !
Nous avons effectué le dernier tronçon, Birni N’Gaouré-Gaya en 2 jours soit une moyenne de 100 km par jour. Cette région malgré une végétation plus dense est beaucoup moins hospitalière. Une forêt peu dense recouvre une grande partie de la route Dosso-Gaya et l’eau est beaucoup plus rare. Les femmes utilisent même des ânes pour remonter l’eau, à environ 60m sous terre.
A Gaya , après une nuit dans n hotel un peu miteux, le seul que nous aurons fait au Niger d'ailleurs, nous partons vers Paraku au Bénin en bus.

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Commentaires sur cet article
adrien
bonjour,

je cherche un vieil ami que j'ai rncontré a toulouse, il s'appelle boubacar sabatier et son père est franco-nigerien... Tout comme le votre alors peut-être que c'est le même ou qu'il le connait. si je pouvais avoir un contact, ça serait formidable

merci d'avance
adrien Belin
 

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