De Nouakchott à St-Louis du Sénégal

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Sénégal - Saint Louis
de virginie, le 26-02-2006

De Nouakchott à St-Louis du Sénégal

10 min pour vous écrire 4 jours de ma vie...

La dernière fois nous étions à Nouakchott chez Theresa et Hamama. Nous avons passé 2 jours à nous reposer et à vivre au rythme de la ville.
Nous avons été faire des courses avec Hamama et un de ses cousins, puis il nous a conduit auprès de la station des pick up partant pour Ndiago afin de rejoindre rapidement Saint-Louis en évitant Rosso. Nous convenons avec Mohamed Salem le prix pour nous transporter avec nos bagages et le rendez-vous est fixé à 8h00 le lendemain matin. Nous avons attendu jusqu'à 16h00 avant d'apprendre que le pick up ne partirait finalement pas vendredi. Mohamed Salem ne pouvant nous assurer le départ le lendemain matin, nous avons décidé de partir à vélo, quitte à trouver en chemin des voitures pouvant nous prendre en stop.
Nous quittons donc Nouakchott vers 17h00 après avoir fait nos dernières emplettes. 1ère nuit en route pour Rosso dans le désert.

Je reprends mes aventures car nous avons été coupés la dernière fois ...

Nous avons donc passé dans le désert la nuit qui a suivi notre départ. Pas besoin de planter la tente, il existe quelques abris le long de la route pour les voyageurs. Nous avons donc repris notre vie de nomade après notre halte à Nouakchott.
Le lendemain, le paysage change. Davantage d'arbres et les accacias sont plus touffus, la savane fait son apparition. Heureusement, car il fait chaud. Il nous faut absolument un arbre à la pause de midi sinon insolation garantie! Depuis Nouakchott, la route ne fait que rétrécir et commence à serpenter et à devenir moins monotone. Vers la fin de l'après-midi, un pick up s'arrête près de nous et devinez quoi? Mohamed Salem en personne est là! Le pick up est parti en fin de matinée de Nouakchott, il est gonflé à bloc mais il nous assure qu'il reste de la place pour nous et notre chargement. Nous montons donc à bord et prenons place au sommet du chargement auprès des 6 autres voyageurs. 2 femmes sont également à l'avant du véhicule près du chauffeur. Les vélos sont attachés sans trop de difficulté à l'arrière du véhicule et nos sacoches viennent grossir la marchandise sur laquelle nous nous installons. Nous allons donc pouvoir éviter Rosso... Chouette!
Le voyage en pick up est mémorable. Il bifurque bientôt en prenant une piste très sablonneuse bordée d'accacias... attention aux têtes! Le pick up entre dans le parc de Diama, une réserve naturelle longeant le fleuve Sénégal qui regorge d'oiseaux. Une petite panne du pick up nous permet d'apprécier tranquillement le coucher du soleil. Nous faisons la connaissance d'Omar Gueye, un sénégalais travaillant en Mauritanie qui rentre chez lui pour quelques mois. Il nous invite à passer chez lui à Louga. Le pick up nous arrête au croisement de la piste de Ndiago et du barrage de Diama que nous devons emprunter demain pour passer la frontière. Il fait nuit mais nous réussissons quand même à rassembler toutes nos affaires. Omar nous attend à Louga dans 2 jours. Inch allah!
Nous passerons donc cette nuit dans un campement de la réserve de Diama et le lendemain nous tombons nez à nez avec notre premier phacochère! Nous restons immobiles et dégainons nos appareils photos alors qu'il est déjà loin... La piste est très agréable , nous pouvons admirer des pélicans sur un lac. Nous ne verrons pas le fleuve Sénégal par contre. Toutes ses berges sont colonisées par une espèce de roseaux qui a envahit la région, suite notamment à la construction du barrage de Diama. L'écosystème de la région a ainsi complètement été modifié et le parc naturel essaie tant bien que mal de rétablir un frêle équilibre.
A la frontière, un douanier essaie de nous extorquer des frais de sortie du territoire mais en vain. Son homologue sénégalais est plus rusé et nous n'échapperons pas à la taxe. Ceci dit, nous lui payons moins que les 5 euros par personne demandés car nous voulons seulement lui laisser nos derniers ougouyas.
Le paysage a radicalement changé depuis que l'on a traversé le fleuve Sénégal. A présent, les arbres sont plus touffus et surtout les essences plus diverses.
Nous sommes arrivés à Saint-Louis vers 13h. Il régnait dans l’île une douce chaleur, une brise rafraîchissant l’atmosphère. Ces derniers kilomètres ont été plus longs que prévus car le soleil était cuisant dans l’intérieur des terres et on nous avait prédit 18 km au lieu des 35 effectués depuis le barrage.
Saint-Louis est une ville très agréable : les rues sont calmes dans l’île et même l’effervescence du marché reste supportable. Les habitants de la ville sont très accueillants; nous avons rencontré un jeune homme qui nous entretient du problème des marabouts. C’est la deuxième personne, après Hamama à Nouakchott, qui nous parle de ces enfants mendiant dans les rues, que nous croisons à tout bout de champ. Ces enfants se promènent toute la journée avec une boîte de conserve vide à la main et parfois également un livre sous le bras. Ils devraient être à l’école coranique, mais au lieu de cela les marabouts leur demandent de ramener de l’argent pour subvenir à leur besoin.

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