A Gaya nous avons passé la nuit dans un hotel miteux faisant accessoirement hôtel de passe. Des jeunes filles attendent le client à l'entrée , des préservatifs trainent dans les coins, la salle de bain n'avait pas vu l'eau de javel depuis longtemps...
Tôt le lendemain matin, nous prenons notre bus pour Paraku et au sortir changement de décor radical! Gaya annonçait les prémisses car déjà les abords de la route s'étaient chargés de fruits, les villages étaient plus fréquents et la verdure avait repris ses droits. Paraku est une ville entourée de collines verdoyantes couvertes d'arbres avec de vraies feuilles, d'herbe fraiche et de cultures. Les épines d'acacias ne sont plus qu'un mauvais souvenir.
Au Bénin et au Togo, le réseau routier est également très développé et des routes que nous croyions être des pistes ont été récemment goudronnées ce qui nous permet d'avancer plus vite que prévu. Grande nouveauté pour nous également, les Fan milk, de délicieuses petites glaces contenues dans des sachets de plastiques:un délice pour les papilles. Les vendeurs sont reconnaissables à leur T-shirt bleu et à leur glacière et s'annoncent avec un klaxon. Nous scrutons les rues à leur recherche!
Autre nouveauté pour nous, l'omniprésence de la religion. Les églises des "Assemblées de dieu" fleurissent un peu partout au côté d'autres sectes protestantes et des petites mosquées blanches et vertes dont beaucoup sont financées par la libye ou le koweit. Mais Dieu est aussi présent dans la musique - il n'est pas rare d'écouter des chants religieux dans un café internet ou en prenant son petit déjeuner- et dans les boutiques. Les noms des commerce sont ainsi évocateurs qu'il s'agisse d'une pharmacie, d'un coiffeur ou d'alimentation: "Déo Gracias", "Espoir","God is One", "Dieu m'a sauvé". J'ai même vu un "Ici, Dieu fait les tresses...". Au niveau de l'affichage, pour la prévention pour le Sida par exemple, le puritanisme musulman a fait place à des messages et des images beaucoup plus suggestifs. Il faut dire qu'ici le VIH/Sida est davantage présent.
Mais voici un peu plus de détails sur notre parcours. Le lendemain de notre arrivée à Paraku nous sommes partis en direction de la frontière togolaise par la route de Djougou puis la piste reliant Ouaké. Nous nous sommes arrêtés à Wé-Wé dans une mission catholique récemment créée tenue par le père Ignace. Des chambres du presbytère étaient libres en attendant l'affectation de nouveaux prêtres et nous avons été acceuillis comme des rois avec du lapin pour le diner! Jour de coupe du monde oblige, les jeunes du village sont venus regarder le match Portugal - Pays-Bas chez le père. Le lendemain nous étions déjà à la frontière togolaise à Ouaké le soir venu et nous nous sommes faits invités par l'inspecteur des douanes. Ok, on y a été au culot en demandant un emplacement à l'abris de la pluie mais en tout cas on a passé la nuit au sec dans un super lit après une bonne douche et un bon repas. On en demandait pas tant quand même...
L'autre côté de la frontière est nettement plus vallonné. Sur les 62 km qui nous ont permis de relier la faille d'Aledjo peu après Bafilo, 80% étaient en montée. Comme le climat est humide dans ces contrées, je sue de toutes mes pores tout au long de la journée mais les nuits ont l'avantage d'être plus fraiches. La faille d'Aledjo est vraiment décevante, difficile à passer pour un camion mais juste un couloir de 10 m entre 2 rochers pour un vélo, rien de bien fantastique. La route est vraiment agréable par contre jusqu'à Sokodé, bordée de grands arbres et laissant apparaître parfois quelques maisons perdues au milieu des champs de maïs. De Sokodé à Sotouboua, le terrain s'aplanit du coup nous avons fait une moyenne de 15km/h ce qui est franchement rare! Aujourd'hui nous partons en direction Anié, la route devrait être très roulante avant d'affronter les montagnes à partir d'Atakpamé.
Commentaires sur cet article Lielo Je lis: "L'autre côté de la frontière est nettement plus vallonné. Sur les 62 km qui nous ont permis de relier la faille d'Aledjo peu après Bafilo, 80% étaient en montée. Comme le climat est humide dans ces contrées, je sue de toutes mes pores tout au long de la journée mais les nuits ont l'avantage d'être plus fraiches. La faille d'Aledjo est vraiment décevante, difficile à passer pour un camion mais juste un couloir de 10 m entre 2 rochers pour un vélo, rien de bien fantastique."
Bon sens de description, moi qui crois bien connaitre la faille d'Aledjo pour l'avoir traverser, je ne sais plus combien de fois, J'avoue avoir tiré quelque chose.
Mais "la faille d'aledjo" cette route dans la roche, ne fais au plus que 5 m de large. Voila pourquoi il fallait une deuxième voie.